top of page

Le 20 novembre, Jour de la Conscience noire au Brésil : histoire, sens et célébrations à Rio

il y a 8 minutes
4 min de lecture

Que célèbre-t-on le 20 novembre au Brésil ?

Le Jour de la Conscience noire (Dia Nacional de Zumbi e da Consciência Negra) qui rend hommage à Zumbi dos Palmares, figure de la résistance à l’esclavage, et personne importante pour l'histoire de l’héritage afro-brésilien. Cette date est un jour férié dans tout le pays depuis 2024 et voici l’essentiel pour comprendre cette date et la vivre à Rio de Janeiro.



Qu’est-ce que le Jour de la Conscience noire au Brésil ?


Zumbi dos Palmares, le symbole derrière la date

Le 20 novembre commémore la mort de Zumbi dos Palmares, en 1695. Zumbi fut l’un des grands chefs du quilombo de Palmares, une communauté fondée dans le nord-est du Brésil par des personnes ayant fui l’esclavage. Il est devenu l’un des plus puissants symboles de résistance et de liberté de l’histoire brésilienne.


Pourquoi le 20 novembre ?

Cette date n’a pas été fixée par l’État, mais par la société civile. En 1971, en pleine dictature militaire, un groupe de jeunes militants et étudiants noirs de Porto Alegre, le Grupo Palmares, dont le poète Oliveira Silveira, propose de célébrer le 20 novembre plutôt que le 13 mai : jour de la signature de la Lei Aurea (en 1888), le traité qui a aboli l’esclavage au Brésil. Leur idée : mettre en avant la lutte des personnes asservies pour leur propre liberté, plutôt qu’une liberté « accordée ».


De la date commémorative au jour férié national

→ 1971 : première commémoration publique du 20 novembre à Porto Alegre

→ 2003 : la date entre dans le calendrier scolaire national

→ 2011 : la loi 12.519 institue le Dia Nacional de Zumbi e da Consciência Negra

→ 21 décembre 2023 : la loi 14.759 en fait un jour férié national, effectif depuis 2024


Avant cela, le 20 novembre était déjà férié dans environ 1 200 communes et dans plusieurs États, dont celui de Rio de Janeiro.


Ce que représente le 20 novembre au Brésil, et comment il est célébré


Pour les Brésiliens, le 20 novembre est à la fois un jour de mémoire, de fierté et de réflexion. On y honore la contribution des Afro-Brésiliens à la musique, à la cuisine, aux religions et à l’identité du pays... et l’on rappelle les inégalités et le racisme qui persistent encore fortement aujourd’hui. Ce n’est donc pas seulement une fête : on célèbre mais on débat aussi. Novembre est d’ailleurs souvent appelé le « mois de la Conscience noire », avec de nombreux événements culturels dans tout le pays.


Les célébrations prennent des formes variées : rodas de samba et de capoeira, expositions, conférences, marches, spectacles et cérémonies liées au candomblé, souvent gratuits et ouverts à tous. La table y a aussi sa place. Il n’existe pas de plat officiel du 20 novembre, mais la cuisine d’origine africaine est très présente : on retrouve souvent la feijoada (haricots noirs, riz et viandes) ainsi que des plats emblématiques de Bahia comme l’acarajé, la moqueca, le vatapá ou le caruru. À Rio, certaines animations de quartier ont d’ailleurs associé roda de samba et feijoada lors des années passées.



La Pequena África : le quartier qui a façonné Rio



Pour comprendre la célébration du 20 novembre à Rio, il faut remonter aux origines d’un quartier longtemps resté dans l’ombre : la Pequena África (la « Petite Afrique »). Ce nom désigne les quartiers de la zone portuaire de Rio, autour de Saúde, Gamboa et Santo Cristo où ont débarqué puis vécu des centaines de milliers d’Africains réduits en esclavage...


Tout commence avec le port. Construit en 1811 à l'extérieur de la ville, afin que les arrivées de navires venus tout droit d'Afrique ne soient pas "visibles de tous", le Cais do Valongo fut l’un des principaux points de débarquement d’Africains dans les Amériques. Autour du quai, le quartier s’est peuplé de marchés, d’entrepôts et de lieux de vie. Après l’abolition signée en 1888, d’anciens esclaves et migrants, notamment venus de Bahia, y ont poursuivi leur vie et recréé leurs traditions : musique, danse, religion, cuisine... C’est dans ce creuset que se sont forgés les rythmes qui ont fait naitre le samba, autour de la Praça XI, de la Pedra do Sal et porté par des figures comme Tia Ciata.


Pourtant, cette histoire a longtemps été effacée. Le quai a été recouvert au fil des aménagements du port et le quartier presque rayé des cartes de la ville. Le Cais do Valongo n’a été redécouvert qu’en 2011, lors des travaux de revitalisation de la zone portuaire en prévision de la Coupe du Monde de Football de 2014, avant d’être inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO en 2017. Aujourd’hui, le quai, la Pedra do Sal, le Cemitério dos Pretos Novos ou encore le Muhcab rappellent le rôle central de ce quartier dans l’histoire de Rio et du Brésil...


Si vous voyagez à Rio de Janeiro, découvrir la Pequena Africa est une bonne occasion de regarder le pays autrement. Durant cette visite, vous comprendrez qu'il y a une histoire, celle de la lutte pour la liberté et un lieu où elle s’est écrite. En allant à la rencontre de ce quartier, vous ne ferez pas qu’une visite, vous comprendrez mieux Rio et le Brésil tout entier et nous serions heureux de vous y accompagner !


Découvrez notre expérience guidée de la Pequena África :




Commentaires


  • White Instagram Icon
  • White Facebook Icon
  • White TripAdvisor Icon

CONTACTEZ-NOUS

  • Instagram

Bonjour Rio

Agence créatrice d'expériences uniques et de voyages sur-mesure à Rio de Janeiro

CNPJ/Cadastur 33.513.033/0001-94

bottom of page