Les Cariocas à la plage

Quand on pense à Rio de Janeiro, on pense bien évidemment au fameux carnaval et au Christ Rédempteur qui domine la ville mais cela va aussi de paire avec les plages ensoleillées sur lesquelles on a envie de se prélasser. On s'est donc dit qu’il serait intéressant de vous parler des différentes plages de Rio. Mais avant cela, on se devait surtout de vous parler de la vie sur la plage et de ses "règles", parce que qu’on se le dise, ici, aller la plage, c’est une institution.

Les Cariocas (habitants de Rio de Janeiro) y vont toute l’année, été comme hiver (oui parce que l’hiver à Rio il fait en moyenne 25°c), du lundi au dimanche, et SURTOUT le dimanche, jour saint où les Cariocas s’y retrouvent en famille !


En fait, la plage à Rio c’est un peu comme la terrasse d’un café en France, à l’exception qu’ici, tout le monde est quasiment nu. On y retrouve ses amis pour boire et profiter du soleil ensemble, on y va en famille pour passer du bon temps, lieu de retrouvailles des copines pour se raconter leurs vies, être au courant des derniers potins et tout comme aux terrasses des cafés ou restaurants en France, on s’y donne aussi rendez-vous pour rencontrer "son crush".

Oui, vous avez bien lu ! Un premier rendez-vous avec une personne qui vous plait, à la plage. Vous allez rencontrer votre pretendant(e) pour la première fois en n'étant vêtus que de 3 bouts de tissus et tout le monde trouve ça normal ! Bon ... au moins, vous aurez déjà tout vu ou presque, donc pas de risque de mauvaise surprise si vous passez à l'étape suivante.


Ici on ne s’encombre pas pour aller à la plage. Un petit bikini, une paire lunettes de soleil, de la crème solaire (indispensable si vous ne voulez pas ressembler à un écrevisse au bout de 30 minutes), une “canga” (un paréo) en guise de serviette pour s'assoir sur les chaises de plage disponibles à la location, quelques reais pour pouvoir s'acheter de quoi pour étancher sa soif et c'est tout. Pas besoin de bouquin ou de magazine pour se divertir pendant que le soleil vous dore la peau. Tranquillement installé sur votre chaise de plage, il suffit d’ouvrir les yeux et d’observer le spectacle qui se joue là, juste devant vous.


Sur la plage on discute, on boit (de l’eau de coco, de la bière et des caïpirinhas), on grignote (des brochettes de fromage grillé ou des biscuits Globo), on bronze et bien-sur on matte ! Parce qu’il faut le savoir, “le mattage” est un sport national au Brésil, je dirai même un art. L’art du regard insistant pour bien te faire comprendre que tu plais, que tu es “bonito" ou "gostoso” (beau/sexy). Les brésiliens en général, aussi bien hommes que femmes, adooorent se montrer. Voir et être vu pourrait être la devise municipale de cette ville ! Il n’est donc pas rare de poser son regard sur des cariocas fraichement sortis de la salle de sport, tout muscle dehors, longeant la plage les pieds dans l’eau, juste vêtus de leur petite sunga (slip de bain ou ce que l’on appellerait plus communément et vulgairement en France un “moule-bite” 😉 ) dans le simple but d'être regardé.


Autre art national, le selfie ! Les brésiliens sont littéralement scotchés à leurs téléphones et se prennent en photo, ou se font prendre en photo, toute la journée, à n’importe quelle occasion, dans n’importe quel endroit. En voiture, en marchant, dans un parc, en faisant la queue au supermarché, dans les toilettes d’un bar, à l’arrêt de bus, … Et contrairement à nous Français, très timides du selfie, eux n’ont absolument AUCUNE GÊNE à faire ça.

La plage ne fait donc pas exception, à peine installés, vous pourrez assister à des longues sessions de selfie : allongés sur leur cangas, assis dans le sable, debout les pieds dans l’eau, de profil, de face, bouche en cul de poule et seins (refaits) en avant, etc.


Puis le spectacle continu avec le ballet incessant des vendeurs ambulants en tout genre, qui hurlent pour te faire savoir qu’ils sont là, prêts à te servir. Les vendeurs Caïpirinha, de mate, une sorte de thé glacé sucré servi pur ou mélangé à une citronnade, les vendeurs de Globo, des biscuits soufflés, salés ou sucrés, dont les brésiliens raffolent, les vendeurs de brochettes de fromage, qu’ils font griller “na hora” (à la minute) devant vous sur un mini barbecue, ceux qui vendent des paréos ou encore les fameux vendeurs de bikinis, accrochés sur un parasol. Et le plus incroyable mais vrai, les vendeurs de crevettes. Des brochettes de crevettes grillées, étalées en plein air, dans un plat qui est exposé en plein soleil dès 9h du matin. C'est sans aucun doute la seule chose que l'on vous déconseille d'acheter sous peine de risquer l’intoxication alimentaire. Personnellement j'ai très rarement vu des personnes en acheter mais les vendeurs continuent de passer donc je suppose qu’il doit y avoir des clients mais ces acheteurs audacieux restent un mystère non résolu à ce jour ! 🙂


Ensuite, en fonction de la plage sur laquelle vous vous poserez, vous pourrez aussi admirer les us et coutumes des cariocas sur le sable. Tout d’abord, là où LE carioca vient muscles gonflés pour se prélasser, LA carioca elle, va à la plage apprêtée, maquillée et coiffée. Robe de plage “à la mode”, brushing impeccable, fond de teint, rouge à lèvre et eyeliner parfaitement appliqués. Et pour celles qui ne sont "pas encore prêtes", pas de problème, la plage leur fait aussi office de salle de bain. Il n'est pas rare de voir les brésiliennes s'appliquer de la crème décolorante sur le corps, en plein soleil, pour blondir leurs poils, puis aller se rincer sous la douche de plage la plus proche (ou même dans la mer parfois !).


Une chose importante à savoir sur les plages de Rio : le "placement stratégique". Par placement stratégique je veux dire qu’ici on ne se pose pas vraiment sur le sable au hasard. On prends en compte de plusieurs facteurs tels que : – son orientation sexuelle ou sa catégorie sociaux professionnelle : la plage d’Ipanema, entre le poste de surveillance 8 et 9, est réputée pour être la plage gay de Rio tandis que les alentours du poste 11 sur la plage de Leblon, après Ipanema, est le point de repère des CSP + et de la jeunesse dorée carioca. Le poste 7 à Arpoador, est le repère des surfeurs le matin, le poste 8 est connue pour être l’endroit où les habitants des favelas les plus proches se retrouvent, la plage de Copacabana, plus populaire, est l’endroit où familles et groupes d’amis tout style confondus se retrouvent. – la sécurité : une fois le choix de la plage fait, le plus important est d’observer rapidement les personnes déjà installées sur le sable afin de choisir un "emplacement safe” pour lézarder au soleil. Et oui … c'est les vacances mais vous êtes à Rio de Janeiro et malheureusement l’insécurité est une chose à laquelle il faut penser, même sur la plage. On s’installe donc près de personnes qui nous semblent être de confiance, on sympathise rapidement et poliment avec un "bom dia" souriant afin de profiter du soleil sereinement et de pouvoir demander à nos voisins de plage de garder nos affaires le temps d'aller piquer une tête pour se rafraichir.



Je pourrais continuer encore des heures à vous parler des Brésiliens sur la plage, de la façon complémentent décomplexée dont les filles portent leur bikini qu’elles fassent 50kg ou 110kg, des parties interminables de “futebol” entres amis, des vendeurs de plage qui sont devenus des figures emblématiques grâce à leur façon de vendre ou d'aborder les clients, … mais je pense vous en avoir suffisamment dit pour aujourd’hui et il faut laisser du suspens et des anecdotes pour un prochain article. 😉


Sur ce, je vous laisse avec ce clip d'Anitta, notre Beyoncé brésilienne, qui vient de lancer "Girl from Rio" et dans lequel elle montre très bien la version de "Rio carte postale" versus "Rio qu'on ne connait pas/qu'on ne montre pas".

A très vite. Beijos.

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